basquiat

Des corps entassés, de la fumée noire, les corbeaux, il fait tellement beau. Un jour d’été un doux fumet. Les corps entassés, les chenilles d’un vieux char rouillées, des flaques d’eau croupies, un peu à côté les cadavres des plus gradés. S’il restait des papillons ils auraient certainement remué leurs ailes multicolores un peu partout au-dessus de ce charnier. Un enfant leur courrait après, soudain il buterait contre quelque chose qui du sol dépasserait : une main à moitié décomposée. Tendue vers le soleil. Mais complètement inanimée. L’enfant habitué à ce genre de découverte macabre s’apprêterait à s’en aller. Attends ! Il se mettrait à creuser. Et oui, en parlant à son chien imaginaire, c’est la main de maman, je l’ai enfin retrouvée.

Un monde coloré. Où la mort serait parvenue à apprivoiser tous les hommes, toutes les créatures vivantes, le Game Over du mouvement, il n’y resterait que la projection mentale qu’aujourd’hui on s’en fait. Mais notre souvenir déjà commence à s’effacer. Et la partie est sur le point de vraiment se terminer.

Un enfant se promènerait, un walkman à cassette cassé sur les oreilles. Il lèverait les yeux et par-dessus les nuages verts, il imaginerait un monde, un monde où …En fait il n’imaginerait rien car il n’en aurait pas la capacité, il parlerait, plus ou moins et son langage chaque jour dégénèrerait, il converserait avec les fantômes qu’inconsciemment il se serait créés. Il commencerait par oublier leur nom, puis il ne parviendrait plus à les différencier et finalement il deviendrait l’un d’eux à moins que ce ne soit eux qui deviennent lui.

Le silence alors s’abattra sur tout le monde, il cessera de respirer… après la dernière gorgée d’air de l’humanité.