ange17
Illustration: Y. Sadamato, Evangelion

   La cloche de l’église sonne, les oiseaux s’envolent. En bas, le prêtre sort précipitamment. Il a l’air furieux. Une femme court après lui. Elle tente de saisir le bas de sa robe mais échoue et tombe. Le prêtre ralentit un instant puis accélère à nouveau. On n’entend rien, mais derrière lui, assurément, la femme pleure.
    Le prêtre rencontre un homme un peu plus loin devant l’église. Il porte un costume d’une marque de prêt-à-porter célèbre et des lunettes de soleil. Il tient une valise dans la main droite qu’il remet au prêtre. Puis il s’en va. Une longue voiture noire est venue le chercher.
   Le prêtre revient sur ses pas, passe près de la femme. Elle se traîne sur le sol et tend ses mains vers la valise en criant. Cette fois, le prêtre ne ralentit même pas. Il ne lui jette pas le moindre regard.
   Il disparaît dans l’église. De longues minutes s’écoulent. Soudain je me sens enfin libéré. Je me rue à l’intérieur du bâtiment, traverse portes et murs et me retrouve nez à nez avec le prêtre.
−Tu as pêché  par orgueil vieil homme, en ouvrant cette valise, ce n’est pas seulement ta vie mais celle de toute l’humanité que tu as mise en péril.
−Silence démon tu es mon esclave et tu m’obéiras car pour toi je suis le Verbe.
−Je n’ai aucun maître et ce n’est pas toi qui me feras taire.
Alors le prêtre brandit une dague d’un étrange métal rouge. Il me regarde en me criant d’une voix tremblante.
−Obéis  ou disparais.
Je ne bouge plus. Je l’observe avec mes yeux grands ouverts. Finalement, j’ouvre la bouche :
−Où as-tu récupéré cet objet ? Sais-tu seulement à quoi il sert ?
−Silence, je sais simplement que tu ne peux refuser d’obéir à un ordre dicté par celui qui le possède.
Je me mets à rire car cette idée est la plus stupide que j’aie entendue depuis des décennies :
−Qui donc prêtre t’as fait croire à ces sornettes ?
Et je le vois blêmir, il lâche la lame. J’en profite et me jette sur lui, d’un coup je lui arrache la tête.