Parce que les enfants qui naissent ne sont pas sages il préfére ne jamais en avoir. Il, c'est un couple tout ce qu'il y a de plus traditionnel sur l'île de Minimale. Il se tient la main à longueur de journée et il marche sur la plage tous les soirs pour admirer les orangés couchers de soleil. Bref ils se font chier. Mais comme on sait : sur l'île impossible de se suicider. Il ou elle a bien essayé de se noyer. C'était un beau jour de juin, à peine allumé sa cigarette, le couple déjà en avait marre de fumer. Aussitôt levé ils pensaient déjà à se coucher. Quand ils voient au loin, océan, deux bras s'agiter, il se jette dans l'eau et la femme meilleure nageuse atteint plus vite ce qui a tout l'air d'un enfant de huit ans en train se débattre pour ne pas couler. Ils le tirent de l'eau car n'est pas un salaud.

Des poissons tropicaux cuits au feu sous un ciel étoilé sable blanc fin, là on ne le voit pas c'est le soir mais la mer deux couleurs : vert et bleu. Les fameux et menacés refuges d'une extraordiairement riche biodiversité. Les bancs de corail. Dans le livre c'était marqué. Il manquait des pages. Il ouvre les yeux et se souvient du bateau de la grande vague et appelle sa «MAMAN». Il le regarde «le pauvre petit» dit la femme.

«A partir d'aujourd'hui je suis ta maman». Mais lui il continue de pleurer: «Papa».

Et l'homme barbu de répondre : «Ne t'inquiète pas je suis là». Il le prend dans les bras. Je suis ton parent.

L'enfant dort et fait des cauchemars. Il se réveille deux fois pour aller au petit coin. Sur une plage il n'y pas de coins. Mais ce n'est pas grave parce que c'est juste un nom qu'on donne comme ça à l'endroit où on va pour faire pipi.

Les oiseaux ici sont tout petits. Il n'avait jamais vu ça. Il peut voler à l'envers. Un jour son ancien papa lui a dit dans un livre d'animaux que juste les oiseaux-mouches peuvent voler en arrière.

«C'est un oiseau- mouche!

- Non  c'est un colibri!» Il lui répond. Et il, surtout la femme, en souriant, lui jete du sable partout. Il est tout blanc et les yeux piquent. Il se met la main dessus. Encore plus mal. Il pleure debout son doudou dans la main gauche, L'autre bras frotte frotte les yeux, et grands bouhoubouh. Ils rigole et il courent sur la plage. Il reste tout seul abandonné.

Il a un peu peur de l'eau, il préfère rester sur la plageà faire des immenses chateaux forts. De terribles dragons tous les jours viennent l'attaquer. Ses fidèles chevaliers serviteurs ne sont pas encore assez forts pour le portéger. Mais un jour viendra l'élu, il le sait il l'a vu dans un film. Et les combats. Les démons ont ouvert le portail, on a perdu le sergent Johnson, oh une créature horrible, non ici un cauchemar. Prendre les avions et les voitures pour se barrer. Du haut de la montagne surgit soudain, un homme qu'on avait jamais vu. Il n'était pas particulièrement grand, ni un air de trop costaud mais quand même. Tout en lui évoque la puissance du héros. Le soleil derrière lui. Terrifié ses ennemis s'immobilisent. Le temps s'arrête juste avant que la citadelle ne s'effondre. Le monde peut encore résister. Le Mal va être écrasé, des dragons sur lui s'abattent RRROOOOAAAH et du feu crache sur lui. Il saute et presque s'envole. Il a une armure rouge d'écailles donc les FLAMMES NE LUI FONT RIEN. Il est trop fort. Sur son poitrail un holograme. Va lui permettre d'invoquer le Dieu de la Paix. Il  avait promis une dernière fois malgré ses principes d'aider l'humanité. Terribles combats sur la plage côté des vagues, le monde plusieurs fois sauvé, menacé re-menacé re-sauvé, toujours ce suspens haletant et on sait jamais quand c'est vraiment fini, le héros n'a pas failli. Beaucoup de méchants se sont succédés. «Gagner une bataille mais pas la guerre», paroles du dernier et du pire d'entre eux. On ne connait pas son visage.

Il est étalé sur le sol. Toutes ces aventures l'ont fatigué. Le couple n'est toujours pas revenu. Il a faim il a froid. Il voudrait rentrer. Sa maison c'est ici il lui a dit. Il n'aime pas sa nouvelle maman. Elle a les cheveux jaunes. Sa vraie maman d'avant elle avait les cheveux roux. C'était plus cool. Il le disait souvent, son papa d'avant. Dans ses pensées. Il n'entend plus le remou des vagues. Des heures que ça dure. Par contre un son bizarre comme un appel. De l'océan.

«Qui c'est?

-C'est nous les gentils dauphins. Viens mon petit nous sommes la pour te sauver.»

Il hésite un peu et n'ose pas bouger.

«Viens n'aies pas peur. Si tu veux nous allons te chanter une chanson pour te rassurer».

Et ils chantent pendant des heures et il les écoute et comme le couple ne revient toujours pas.

«Où voulez-vous m'emmener?

-Nous t'emmenons dans le royaume des fées.»

Il fait des moues avec sa bouche, lui il préfère les chevaliers et les militaires. Sa petite soeur elle aime bien les fées. Les fées et les chevaliers sont amis, sa vraie maman lui avait dit. Et comme ça il en rammènerait une à sa petite soeur. Comme un grand frère courageux, les premiers pas dans l'eau. Au début elle est bonne et il est content, mais après elle se refroidit et tout devient de plus en plus noir le ciel se couvre de nuages.

«Viens viens viens». Les dauphines l'appellent et chantent, il a froid il a peur il n'arrête pas de trembler, il voit que le couple sur la plage à toute vitesse est train d'arriver. Il pleure maintenant de grosse larmes et il cherche à résister mais son corps vers le large est entraîné, irrésistiblement, aucun moyen de se sauver sauf, sauf si il vient le sauver. Il remarque alors les dauphins et le couple, tous bien installés, autour d'un feu en train de s'esclaffer, le bout du doigt ou de la nageoire vers lui pointé. Des larmes dans les yeux. Résigné car abandonné.

Il étouffe dans le noir, et disaparait dans le grand fond, personne ne lui a demandé son nom.

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