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21 avril 2008

Réveil(s?)

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 Elle se réveille en plein minuit de la nuit. La couette est tombée sur le sol propre –elle y a passé l’aspirateur quelques heures plus tôt-, elle remarque qu’elle est en sueur : ses vêtements trempés collent contre sa peau. Elle a peur. Elle ne sait plus exactement pourquoi mais elle a peur très peur. Les ombres mouvantes de la chambre qui se déploient en d’étranges farandoles macabres contribuent à alimenter ce sentiment. La peur lui dévore, le ventre lui serre le cœur. Elle ne sait plus pourquoi, elle ne sait plus pourquoi, elle essaye de se souvenir, elle ne sait plus pourquoi, elle fait tout ses efforts pour se rappeler, elle sue, elle ne se souvient plus. Tout d’un coup, le monstre ! Lui revient cette image très précise. La fin de son rêve où l’immense masse noire cachée sous le lit avait, d’un coup, jailli et s’apprêtait à l’engloutir. Elle s’était réveillée à ce moment précis. Le rêve se recomposait. Juste avant d’aller se coucher elle avait passé l’aspirateur, elle avait passé l’aspirateur parce qu’il y avait dessus des poils bizarres, avec une odeur répugnante, une odeur cauchemardesque, qui ne ressemblait à rien mais qu’elle avait en ce moment même au fond de sa gorge. Avait-elle tout rêvé ? Elle replie ses jambes contre son corps. Le monstre sous le lit. Elle déglutit. Osera-t-elle regarder ? Juste là. Sous le lit. Elle s’imagine elle-même en train de dormir, la jambe dépassant du lit et traînant jusqu’au sol, le monstre sur le point de la saisir. Y a t-il réellement un monstre sous le lit ? Elle respire doucement de peur de faire trop de bruit. Elle tente de se calmer. Soudain, le courage monte, elle se jette sur l’interrupteur de sa lampe, elle appuie, elle se renverse, ses cheveux touchent le sol, le sang monte dans sa tête, elle a pris trop d’élan, le drap housse la suit, elle s’agrippe mais elle tombe. Seule sur le sol pas si propre que ça, la tête tournée elle sourit parce qu’il n’y a plus de monstre.

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 Soudain elle se réveille. Elle ne sait pas pourquoi. Elle ne sait pas pourquoi. Elle ne sait pas pourquoi son cœur bat si vite. Ses vêtements sont trempés. Elle sue ?! A demi-redressée dans le lit, elle a froid, la couverture est par terre. Elle ne sait plus pourquoi elle ne sait plus pourquoi cet après midi elle a passé l’aspirateur. Elle ne sait pas pourquoi elle a si peur. Cet après midi quelque chose d’étrange s’est produit et les poils sur le sol sentent une drôle d’odeur. Elle ne sait pas pourquoi elle ne sait pas pourquoi son cœur bat si vite. Elle ne sait plus pourquoi elle a passé l’aspirateur. A cause des poils qui sentaient une odeur cauchemardesque, la même odeur que celle au fond de sa bouche, elle ne sait plus pourquoi, elle a peur. Mais le monstre. Le monstre. Son cœur bat très fort. Elle sue. Elle ne sait pas pourquoi le monstre a surgi de son lit. Elle ne sait pas pourquoi elle n’est pas parvenu à lui échapper. Elle a peur. Elle a terriblement peur. Elle sue. Elle a froid. Ses vêtements sont collés contre sa peau. Son cœur tape très fort contre sa poitrine. Elle a peur. Elle n’ose pas bouger. Elle replie ses jambes contre son ventre. Elle n’ose pas bouger, elle a peur, elle veut respirer silencieusement, elle fait tellement de bruit. Elle a le nez bouché. Cette odeur au fond du lit de sa gorge. En dessous y a-t-il vraiment un monstre ? Elle a peur. Les ombres planent autour d’elle caressent le sommet de son crâne, sa nuque, ses cheveux. Elle a peur. Elle prend son courage à deux mains se jette sur l’interrupteur de la lampe de chevet glisse en même temps que le drap housse et se retrouve sur le sol pas si propre que ça, la tête tournée elle sourit. Elle n’a plus si peur. Les monstres n’existent pas.

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 Elle passe l’aspirateur parce qu’il y a une drôle d’odeur. Soudain elle se rappelle qu’elle ne dort pas et qu’elle a fini de cauchemarder. Elle a peur. Elle a tellement peur. Au milieu du lit. Elle vient de bouger bien qu’elle était immobilisée par la peur. Elle est trempée parce qu’elle a sué. Ses vêtements collent contre sa peau, elle sue encore. Elle a très peur. De la sueur froide. La couverture est tombée sur le sol propre, elle vient de passer l’aspirateur et les poils, les poils… du monstre. Qui a manqué de la dévorer. Mais elle s’est réveillée. Un monstre horrible. Un monstre sous le lit. Elle a peur. Elle est si petite, seule, recroquevillé entourée par tant d’ombres. Elle a peur. Elle a tellement peur. L’aspirateur et le monstre et son odeur au fond de sa gorge. Au fond du lit, juste sous elle. Osera-t-elle ? Elle a peur. Osera-t-elle regarder ? D’un coup elle se jette sur sa lampe tombe sur le sol et rit : il n’y pas de monstre sous le lit.

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Commentaires
C
C'est assez sympa toutes ces versions!<br /> Mon textes préféré reste le premier; suspense garantis!<br /> Dommage que le monstre ne l'ai pas bouffé!<br /> D'habitude tes écrits ne laisse jamais personne vivant!
X
Excellent travail ! Le premier paragraphe m'a vraiment fait battre le coeur à tout rompre tellement j'étais sûre et certaine que le monstre était là, sous le lit, et qu'il allait la bouffer toute crue. Et même si j'ai ri, détendue, parce qu'il n'était pas là, je n'étais jamais sûre à cent pour cent dans la suite qu'il n'allait pas surgir finalement, et j'ai gardé ma petite angoisse intacte jusqu'à la fin.<br /> Suspense forgé de main de maître : bravo !
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