Le bois craque. Surtout le matin
Le bois craque. Surtout le matin quand tu marches doucement pour ne pas la réveiller. Elle est de mauvaise humeur et tu lui répétes que c'est parce qu'elle porte une chemise de nuit noire et elle te dit que ça n'a rien à voir et tu sourirs en poussant de l'air hors du nez comme pour montrer que toi tu sais. Au fond de toi tu crois avoir raison. Tu portes un caleçon donc tu as froid. Le carrelage sous tes pieds réchauffés par les rayons du soleil. Tu vas prendre une douche et tu enfiles ton peignoire. Tu as froid. Et tu enfiles un peignoire mais tu ne vas pas prendre une douche. Doucement sans faire de bruit tu te lèves te rapproches du lit et la regarde dormir le frigo ouvert la lumère éteinte allumée rien dedans les couettes avec sa chemise rose adorables cheveux bouclés juste un bocal avec des cornichons. Tu traines tes savates et claque la porte sans un bruit. Elle se réveille tranquillement en continuant à dormir. Tu n'oses pas fermer les volets, prendre une douche. Tu dévales les escaliers et passe la boîte aux lettres sans même jeter un coup d'oeil une quantité de lettres impressionnantes toutes pour elle sauf une la facture de gaz une lettre d'une fille que tu as rencontré en Espagne, elle était belle et vous aviez l'amour sur la plage de ce jeune homme que tu avais rencontré au Portugal il était beau vous aviez fait l'amour sur la plage proposé de trouver un travail une boîte qu'il avait monté tu es au chômage riche président d'entreprise tu es en train de faire les cent pas voudrait descendre pour le courier, dehors le marché tu as oublié ton portefeuil dans ta poche il est vide plein de monnaie billets la lettre te reste dans la tête pas grand chose tu songes à elle lui le travail ne distrait ne remarque pas cette belle grosse pastèque que tu marchandes à bon pris tu passes sa main dans ses cheveux les sent hummm tellement bon ça pue ne se lave jamais les cheveux chez toi tout seul ça pue elle est si belle avec la lumière qui filtre à travers les volets tout seul dans ton lit à te morfondre à l'hôpital une chambre près du marché les enfants presque tu les écrases tu les bouscules ne font pas attention avec leurs trottinnettes un homme d'affaire pourrait être plus prudent une pastèque dans la main et un paquet de lettre les mains dans les poches en peignoire avec les pantouffles presse l'interupteur allume eau de douche dans ton lit incapable de bouger tube d'oxigène dans le nez en train de t'éteindre, la porte du firgo se referme.