E-critures

Bêta-e-criveur cherche bêta-lecteurs. Aucune expérience exigée. Tous niveaux acceptés.

27 mai 2008

Dialogue, un soir...

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L’homme 1 : C’est la nuit, l’eau du ruisseau coule, elle coule et se roule sur des pierres aux arrêtes saillantes que la lune frôle de ses rayons magiques. C’est la nuit, le ciel est noir comme toutes les fois où le soleil abandonne ceux qui n’osent le regarder dans les yeux. Il fait nuit. « Il » fait (la) nuit. Il, c’est le soleil, qui renonce tous les jours à éclairer l’homme. Mais qui regrette chaque matin. Toi, tu ne peux le comprendre. Toi tu es sourd. Toi tu es muet. Toi tu es stupide.

L’homme 2 : Mmmmmmuhmumumu !

L’homme 1 : As-tu su la beauté d’un peu de lumière à travers le trou d’un rideau dans une pièce pleine de poussière ? As-tu connu le repos qu’impose le silence un jour où la neige tombe, l’excitation que ce repos appelle ? As-tu imaginé toi aussi la couleur et la musique des pas d’une araignée ? Crains-tu les fantômes ? Me crains-tu ?

L’homme 2 : Mmmmhmmmmummmuum !

L’homme 1 : Il n’y aucune raison pour que tu me craignes car si tu n’as pas été la victime de l’ancrage que les sens imposent à la raison, tu es mon frère. Libres. Ne le sommes-nous pas ? Prends ma main, ne la regarde pas, ne la sens pas, ne la touche pas. A ton contact ma véritable nature se dévoile enfin, je n’existe pas, je suis sans racine, le vent me traverse, je suis mobile et immobile, je suis sans être. Je suis la non-présence que toi seul peux ressentir.

L’homme 2 : Mmmmmm ! Mmmm !

L’homme 1 : Tu voudrais parler ?! Pourquoi ! Pourquoi ce besoin de communiquer te démangerait-il ! Sais-tu qu’il existe certaines démangeaisons qu’aucun grattage ne peut satisfaire ? Sais-tu encore ce qu’est une démangeaison ? Est-ce que l’envie de parler te démange ? Est-ce que tu souhaites que je disparaisse ? Est-ce que tu souhaites rester seul ? Est-ce que tu veux que je reste ?

[Un long silence]

Je suis ton ami. Sans doute ton seul ami et ce ne sont pas les grains de sable qui peuplent ces dunes qui te diront le contraire. Hier encore des milliers de gouttes d’eau les habitaient, regarde aujourd’hui comme elles sont arides, regardent ces montagnes de la neige de demain, ces petites particules en lesquelles nous finiront tous.

Ne me regarde pas avec ces gros yeux, tu sais au fond de toi que je n’y peux rien. J’imagine le jour où je devrai t’enterrer. Je creuserai un trou, profond, juste là. J’y poserai ton corps et je le recouvrerai. Ne t’inquiète pas, cela ne changera rien pour toi. Tu ne sentiras ni la chaleur du sable contre ton dos, ni les grains te rentrer dans les narines. Ce sera juste une fois de plus où tu ne sentiras rien.

L’homme 2 :….

L’homme 1 : Ainsi tu ne dis plus rien. Notre dialogue touche donc à sa fin. La chaleur, c’est par la chaleur que ton corps me répond et par le cœur qui y bat dans quelque recoin secret. La différence penses-tu sera que, quand je poserai ton dos contre le sable chaud, il sera froid comme l’eau de la mer. Sens-tu seulement le poids de ton cœur ? Je te regarde et je plonge mes yeux dans tes yeux ouverts, je cherche, je creuse, il n’y a rien ils sont vides. Je saisis ta main, la place contre ma bouche, lui murmure les mots les plus doux en secret, la colle contre mon corps. Rien. Tu es aussi vide que ce désert.

L’homme 2 pleure : Muuuuuuuuuuuuuh !

L’homme 1 disparaît.

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26 mai 2008

Sirop de menthe

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La vie ne fait que commencer, la lumière s’éteint, la fête un soir dans une piscine au milieu des requins parmi les ailerons le bain est prêt le bain est chaud. Les bulles la mousse les produits d’entretiens de la baignoire et les produits d’entretiens des corps des cheveux combien de cheveux sur un seul corps combien de cheveux produits par un seul corps combien de cheveux restent dans une baignoire après le passage d’un corps quand on enlève l’eau on retrouve toujours au niveau du siphon des paquets de cheveux entremêlés et d’autres poils. Quelle différence entre un poil et un cheveu ? Quelles différences, ces poils sur nos corps sont si différents de ceux qui tapissent la peau des bêtes et je reconnais au premier coup d’œil le poil de mon chien de celui de ma femme dans la cuisine près du frigider il a sa gamelle et son bol d’eau, il est sage, il sait ouvrir les portes. La fête n’a lieu qu’une fois par an, une date ponctuelle, je suis souvent en retard quand la sonnerie du train vient frapper à la porte de mon monde, je m’en échappe aussitôt ou, devrais-je dire, le plus tôt que je peux car les flammes dévorantes qui peuplent sa cheminée sont autant de fantômes d’anciens casques jaunes égarés autour des voix de chemin de fer. Renégats. Avez-vous déjà vu des fantômes. Parfois au bord du lac la nuit en hiver ils. Se promènent. En silence car les fantômes ne font jamais de bruit ils n’ont pas de pieds, savez-vous à quoi l’on reconnaît un fantôme, les signes qui ne trompent pas : le froid d’abord, une sorte de courant qui traverse les étoffes pour se planter dans un coin du cœur, et ce, même si rien autour de vous ne le laisse supposer, figurez-vous perdu entre les quatre murs d’une boîte en carton colissimée en Équateur avec la chaleur et l’absence de vent, ça ne change rien car courant d’air quand même plus le fait que les fantômes n’ont pas de pied. Courant+ pas de pieds. En Équateur.

Prisonnier des murs d’une boîte de carton colissimée, dehors la fête bat son plein. Est-il affranchi ? Au dessus de tous soupçons. Pourtant le passage à l’acte. Juste à côté de lui repose la lame d’un couteau ensanglanté. Que masque un peu de terre jetée dessus. A l’improviste. Il remarque par hasard que le sol n’est pas revêtu de carton. Une faille. Il n’aura sans doute pas beaucoup d’occasions de la sorte. Les ongles propres prêt au sacrifice, le ying dans le yang. Sa chemise est parcourue de chaire de poule venimeuse. Un courant d’air fantomatesque parce qu’elle n’a pas de pieds. La scène du crime lui revient en mémoire, une vaporeuse réminiscence sans morceau d’extrémité du bas de la jambe du tueur d’Hector. Les sacs poubelles et le travail bâclé bâché à cause de la peur le coffre de la voiture la nuit traversée le tunnel dont il n’est plus jamais sorti. La mystérieuse apparition blanche que soulève un mystérieux courant froid l’oblige à creuser de toutes ses forces avec ses mains de blanche colombe. Il souffre souffre. Renonce à sa culpabilité et s’enfuit dans la tanière ses pieds disparaissent… un éboulement vengeur le retourne au fond de l’enfer. Plie la nuit.

L’agrafeuse range le dossier à la complétude ultra contemporaine dans l’un des tiroirs du haut et le pousse à extirper de la carafe, sale, un peu d’eau, peu fraîche, afin de la ranger dans un verre, propre, dans le but d’étancher une soif qu’il jugeait, dérangeante. Les étoiles s’éteignent les unes après les autres dans le peu, toutes proportions gardées, d’univers visible à mesure qu’il allume cigarettes sur cigarettes sur cigarettes. Maintenant que tout est réglé, tout est arrangé John avait-il dit au téléphone, la nuit semblait douce et sans question. Une seule revenait à la charge dans son esprit comme un caddie remplie de marchandise qu’un consommateur fantôme ramènerait inlassablement à une caisse sans caissière obligé de ranger à nouveau les produits dans les rayons. Une seule question dernier cheveu d’un homme sur le point de devenir crânement imberbe et qui aurait jurer à tous ses descendants aujourd’hui morts et à l’époque de son serment sur le point de mourir je ne serai jamais chauve. Pourquoi comment.

Ce n’était pas très clair. Le chevalier de la charrette la reine Guenièvre osé lui faire un reproche parce qu’il a hésité la bouse le coffre et deux ou trois fois comment le savait-elle quelle connasse l’amour vrai pose-t-il autant de question et lui a dit ça parce qu’elle le trouvait puant se fout-elle de la gueule des gens ? A quel point la reine Guenièvre était une connasse ? Un élément de réponse cette phrase « sa robe la rendait d’une beauté encore plus forte si toutefois elle n’avait pas déjà été au paroxysme de la beauté ». Sa perfection la rendait perfectible. Lancelot l’avait parfaitement compris il en était complètement épris. La question n’était donc pas de s’attarder sur sa connasserie mais plus sur les raisons qui la fondent.

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25 mai 2008

Parataxe ou ensemble de phrases rédigées d’un souffle (sans respirer) devant un mauvais film (sans réfléchir) et sans retouche

beaubourg

La nuit cajoline reprends les a

Le tombeau de monsieur lustucru revient seukement quand il fait tard

Ce n’est pas pour rien que si nous réfléchissons ensemble nous nous sommes dit que le bleu

L’or qui coule de ses narines dégouline jusque sur les sol à ca

Le sol à carreaux blancs et noirs sur lequel une bouteille de ketchup s’est cassé

Le

Le gazon vert que le vent fouette repsire en silence

Le vent les feuilles et les prunelles des fleurs m’embrasent en repos

Le souffle de l’arbre étouffe le champ de l’oiseau

Les absences de sons interminables appelées musique

Les phares de la voiture allumés malgré le brouillard

Plus de batterie devant la bibliothèque

Les roues de l’aspirateur ne laisse pas de sillons dire quelque chose sur la fin pour conclure le rayon du périmètre

S’estompe en vain en vain en vain

Tentatvie de retenir le plus longtemps possible sa respiration en écrivant la plus longue phrase de tous les temps

Le renard se promène dans une forêt sous alimentée en herbe et en lumièr et en renégat car on n’a jamais assez de renégat surtout en hiver lorsque le bois et le charbon meurent en silence la neige tombe et les bruits de pas en silence en silence

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24 mai 2008

Train train

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Je maintenant absolument le départ matin heures tôt huit gare train souffle froid fumée valise lourdes deux cuir sac de voyage quai rails mouillées rosée horloge aiguille kiosque ouvert pièces veste rembourrée main poches briquet cigarette chair de poule alarme trains départ je absolument maintenant partir le matin noir ville endormis travail obligation café agents de service départ imminent cigarette écrasée baiser fougueux adieux travail hésitation obligé imminent rapides brusqués sonnerie porte fermée compartiment fenêtre boucles d’or chapeau noir valise adieu roule.

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23 mai 2008

Où vont...?


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Où vont les poils des chiens qu’on abandonne sur les aires d’autoroutes ?
Où vont les puces des chatons qu’on enferme dans des sacs et frappe contre des pierres aux arrêtes saillantes ?
Où vont les bulles des poissons rouges qu’on jette dans la cuvette des toilettes ?
Où vont les bagues des pigeons qu’on attrape sur une place publique pour les donner à préparer au cuisinier du coin ?
Où vont les rires des enfants quand leurs parents s’envolent avec le pare-brise ?

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22 mai 2008

Spirale mortelle

spiralecalder

Le bout du pied touche l’eau s’y enfonce elle est froide mais le pied s’obstine persiste s’enfonce malgré tous les efforts du corps pour l’en dissuader le genou le haut de la jambe le torse le corps tout entier dans l’eau sombre et l’enfant dans la nuit s’éloigne de la rive et nage vers l’île secrète sur laquelle l’attend les mystérieux rayons lunaires la chair de poule se dessine sur sa peau que l’eau caresse et on ne sait jamais quelques créatures monstrueuses vivent au fond des lacs surtout à l’heure de la nuit quand les portes des cimetières grincent et que les feu follets s’agitent le bruit de l’eau remué trouble le silence régulièrement le souffle sportif l’effort et la fatigue l’île se rapproche l’espoir réchauffe le bout des membres ankylosés la nuit il est difficile de voir les nuages dans le ciel le courant le détourne de sa trajectoire initiale la plus courte trajectoire la ligne droite il se débat au début il réussit à se dégager la main terrifiante des profondeurs lâche son emprise presque une crampe au moment où il se sauvait le tire en arrière plonge ses oreilles dans l’eau ses cheveux sa bouche son nez le dernier regard jeté sur le monde d’en haut avant la plongée dans l’eau-delà et le tourbillonnement la spirale mortelle l’entraîne vers les profondeurs obscures abyssales et cauchemardesques une envolée de bulle l’asphyxie la mort.

Il s’enfonce dans l’eau il nage il se dirige vers l’île
 Quelque chose agrippe sa jambe le retient
Il se débat
Nage
Nage
De toutes ses forces
Il sent déjà se desserrer l’emprise maléfique
Son cœur sonne le cor de la victoire
Une crampe lui traverse la mollet
Il nage
Une crampe un pieu planté dans la jambe
Il ne peut pas nager
Il sent déjà l’emprise maléfique
Il nage s’obstine mais il ne peut pas nager
L’emprise la nage l’obstination
La constation de l’échec
Obligatoire
Il ne nage plus il coule
Son corps s’enfonce
Il disparaît au fond de l’eau noire
Etouffé
Il meurt.

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21 mai 2008

Variations sur le ricochet

zoneRicochet

Le dernier
Ricochet
Cochet
Rebon
Sol
bondit
Ton pied
Ronren
Renron
Flement
Enflé
Mais pas
Egratigné.

 

Une pierre
Jetée
Rebond
Sol
Dit
Ton pied
Enfle
Mais pas
Egratigné

 

Les cailloux parfois
Parfois les cailloux
Ne coulent pas
Ne coulent pas
Les cailloux parfois
Parfois les cailloux
Volent
S’envolent
Vers le grand ciel bleu
Vers les blancs nuages
Vers le soleil radieux
Qui se reflètent
Sur la vaste nappe océanique
Y retombe
Coule
Coule
Coule
Parfois les cailloux
Parfois les cailloux

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20 mai 2008

Autobiographie d’une bouteille de yaourt liquide goût framboise

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 Aujourd’hui je pars car je ne supporte plus mon état : vidée je me sens complètement inutile. Je m’en vais et Dieu seul sait en quoi je vais me recycler. Je vous quitte à tout jamais, en ayant le soulagement de ne jamais m’être abaissée à traîner avec la pourriture, et avec la prétention d’être parvenue à toujours plaire. Chaque gorgée de vie qu’on m’a arrachée me donnait au moins la satisfaction d’offrir à mon ravisseur, ne serait-ce qu’un très bref instant, une délectable sensation de satiété même si, à mesure que son contentement augmentait, une angoisse profonde, de plus en plus saisissable me gonflait, m’emplissait et le vide, le vide creusait mon ventre me renvoyant à ma condition de bouteille plastique et à des réflexions, des doutes d’ordre ontologique du genre de ceux qu’une misérable bouteille comme moi ne devrait pas faire fermenter.

   Alors qu’au fur et à mesure de culbutes aux longueurs variables mais toujours renouvelées, le liquide si précieux qui m’animait s’amenuisait, je me remplissais de regrets. La lassitude commença à s’installer une semaine avant ma date de péremption, elle ne me quitta plus jamais. Au contraire, elle ne fit que s’accroître.

 Mon nom est 8 480017 542656, je suis une bouteille de yaourt à boire de la marque Dia. Je contenais à la fleur de l’âge 750g de boisson, j’étais censée expirer le 27/05, néanmoins, aujourd’hui, le 21 mai, j’ai déjà été intégralement bue. Je suis condamnée à finir dans une poubelle recyclable. Très prochainement. Juste après que je vous eusse raconté quelques bribes de ma vie. Ecoutez ma complainte.

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19 mai 2008

Makoto no kokoro

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    Au Japon, le samouraï vouait sa vie à un Seigneur nommé daimyo, cette dévotion, surtout quand elle était poussée à son paroxysme, était stupide et absurde. Cependant les rapports particuliers que ce type d’homme entretenaient avec la vie, avec la mort, avec sa mort et avec ses armes exercent aujourd’hui une fascination qui a su traverser les âges.

   Le samouraï est un instrument. Il est le prolongement d’une parole en un geste, il est un corps dont la fonction est de « couper ». La « coupe », en sabre, n’est pas une question de force. La coupe est une question d’harmonie. Sait couper celui qui, après avoir répété plusieurs dizaines de milliers de fois le même geste, sait le reproduire, au moment voulu, à la perfection. Reproduire à la perfection ne revient pas à refaire sans cesse exactement le même geste de la même manière. Reproduire à la perfection est l’acte (l’effacement complet de soi) sans l’action (la tentative de tuer l’autre) : la capacité à savoir retrouver chaque fois le calme propice à l’éclosion du geste juste. Cette sérénité porte en japonais le nom de « vérité du cœur » (makoto no kokoro). La vérité du cœur est cet état qui permet de dire, que ce soit avec le langage du corps ou celui des mots, l’expression juste et concise de soi à un moment donné. La vérité du cœur est cette capacité à intégrer parfaitement un ou plusieurs sujets dans un moment donné pour l’éternité. Celui qui s’intègre le mieux dans son présent, en disparaissant, devient insaisissable. Le déchiffrement de l’ultra contemporain est alors, plus que la capacité technique à manier une arme, le gage de la prolongation de la survie du praticien.


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18 mai 2008

The game is over!

basquiat

Des corps entassés, de la fumée noire, les corbeaux, il fait tellement beau. Un jour d’été un doux fumet. Les corps entassés, les chenilles d’un vieux char rouillées, des flaques d’eau croupies, un peu à côté les cadavres des plus gradés. S’il restait des papillons ils auraient certainement remué leurs ailes multicolores un peu partout au-dessus de ce charnier. Un enfant leur courrait après, soudain il buterait contre quelque chose qui du sol dépasserait : une main à moitié décomposée. Tendue vers le soleil. Mais complètement inanimée. L’enfant habitué à ce genre de découverte macabre s’apprêterait à s’en aller. Attends ! Il se mettrait à creuser. Et oui, en parlant à son chien imaginaire, c’est la main de maman, je l’ai enfin retrouvée.

Un monde coloré. Où la mort serait parvenue à apprivoiser tous les hommes, toutes les créatures vivantes, le Game Over du mouvement, il n’y resterait que la projection mentale qu’aujourd’hui on s’en fait. Mais notre souvenir déjà commence à s’effacer. Et la partie est sur le point de vraiment se terminer.

Un enfant se promènerait, un walkman à cassette cassé sur les oreilles. Il lèverait les yeux et par-dessus les nuages verts, il imaginerait un monde, un monde où …En fait il n’imaginerait rien car il n’en aurait pas la capacité, il parlerait, plus ou moins et son langage chaque jour dégénèrerait, il converserait avec les fantômes qu’inconsciemment il se serait créés. Il commencerait par oublier leur nom, puis il ne parviendrait plus à les différencier et finalement il deviendrait l’un d’eux à moins que ce ne soit eux qui deviennent lui.

Le silence alors s’abattra sur tout le monde, il cessera de respirer… après la dernière gorgée d’air de l’humanité.

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