Tous les autres ne cessaient de l’affliger de quolibets tous plus stupides les uns que les autres : petit tétard mal asticoté, flammèche de bout de queue de salamandre, début de nouvelle mal corrigée, journal intime d’un éphémère, fond de tasse de café… Un jour, le vieillard ne se rendit pas au travail. Le vaillant petit homme s’empressa, à la fin de sa journée, de se rendre chez lui. Il trouva son ami allongé dans son lit. « Je vais m’en aller ce soir vers des terres d’où personne ne revient, tu es le seul en qui j’ai confiance ici, je t’en prie, pars à la recherche de ma fille, je ne t’en ai encore jamais parlé, elle est d’une beauté qui n’a d’égale que la blondeur de ses cheveux, si tu la retrouves vous serez heureux. ». Le vaillant petit homme dont l’émotion débordait hors de ses yeux et s’écrasait sur l’abdomen des minuscules fourmis s’agitant sur le vieux plancher poussiéreux, ne parvint à répondre. Il resta auprès du vieil homme jusqu’à ce que les rayons du soleil entourent le lit : sa poitrine n’était plus soulevée par aucun souffle. En claquant la porte derrière lui il tournait une page de sa vie. De petit pas en petit pas, il quitta la région et découvrit un paysage fantastique. Au lieu des collines vertes de grands champs jaunes s’étalaient à perte de vue. Il n’avait jamais encore été si loin. Arrivé à un carrefour, il se demanda quel chemin prendre. Le monde était plus grand que ce qu’il pensait…