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La nuit. La nuit noire. La nuit noire les yeux fermés. Les mains ligotées. Dans le coffre d’une voiture. S’arrête. S’ouvre.

Un matin. Il se lève et garde son peignoir pour aller chercher le journal que le livreur dépose très tôt dans sa boîte aux lettres. Un journal de luxe. Des informations valant leur pesant d’or se promènent sur des pages recouvertes de caractères argentés.

Le coup de téléphone. 8H53. « Tu vas crever sale ordure ».

12H12 : la fin de la vaisselle. Les bulles de mousse dans l’évier. Il vit seul. Lundi. Sa bonne ne vient pas. Il se débrouille. Il se débrouille.

13H40 : « Tu vas crever sale ordure ». Même les gouttes de pluie qui frappent le carreau sont toutes différentes.

Il marche dans la rue, il tient une valise dans la main. Des voitures passent sur la route à côté. Il suffirait d’un pas de trop pour qu’il meurt percuté par l’un de ces engins diaboliques. Il n’a pas bu, il marche droit.

Il n’a pas faim, il n’a pas soif, il n’est pas lassé, il ne fait pas particulièrement attention à l’endroit où il marche, il n’a pas froid, il n’a pas chaud, il n’est pas essoufflé, il n’a pas une soudaine envie de sucre, il ne continue pas à marcher, il ne rentre pas chez lui, il n’est pas seul, il n’est pas tranquille, il n’est pas rassuré, il n’est pas à l’extérieur d’un coffre de voiture, il n’est pas très à l’aise, il n’est pas mort, il n’est pas vivant pour encore très longtemps.

Car le canon collé sa tempe…

Le tue.