E-critures

Bêta-e-criveur cherche bêta-lecteurs. Aucune expérience exigée. Tous niveaux acceptés.

30 avril 2008

A steack #06

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Un chapeau recouvre le visage de l’inconnu. Il se rapproche. Il le relève. Il lui sourit. Il se relève. Il enlève la poussière avec ses mains. Il se tient à quelques pas devant lui. « Salut, t’habites dans le coin ? ». Un coup de vent. La poussière s’envole. Les rayons du soleil. « Moi, c’est Warhola. Je suis ici de passage. » Warhola le regarde. « Tu n’as pas l’air très bavard. » Warhola regarde le renflement dans sa poche. « Qu’est-ce que tu caches là ? » Un temps. Immobile. Figé. « Dis, tu as de l’argent ? » Un temps. « Je connais un endroit très sympa où boire un verre, ce n’est pas très loin. Il y a de jolies filles… ». Il regarde Warhola. Il a l’air de bien connaître le coin. « Allez viens suis-moi le muet ». Il ne sait pas pourquoi mais il n’arrive pas à prononcer un mot. Il le suit. Il se sent un peu stupide. Warhola sourit. Il a un joli sourire. IL ne sent pas très fier. Perdu. Ils sourient.

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29 avril 2008

A steack #05

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   Le visage d’un homme le visage blême et les yeux injectés de sang. Son reflet. Il est confus. Le monde tourne sans lui quelques instants. Il se gratte la tête. Retourne dans l’autre pièce. Il  décide de quitter la maison. Il part sur les traces du géant. A la recherche d’une explication. A la recherche d’un compagnon. De toute manière il n’a rien d’autre à faire. Un chemin se dessine entre les herbes. Il le suit. Des minutes passent. Le paysage reste identique, si n’est derrière lui, la maison qui rétrécit. De la fumée s’élève toujours. Un papillon bleu vole. Il met les mains devant ses yeux et scrute l’horizon. Devant : un arbre. A côté de cet arbre, un cheval. A côté du cheval et de l’arbre. Un homme allongé. Il se repose. Ou il est mort. Il s’empêche de regarder sa montre. Il dort. Il est complètement désorienté. Ca le désespère. Le désespoir lui procure un courage inattendu. Il s’avance. Son allure est très décontractée.

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A steack #04

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   Un homme grand et large d’épaule entre. Il porte une grosse hache sur le dos et une barbe épaisse et noire. Il est terrifiant. Il le regarde. Il est terrifié. Il le voudrait mais il ne parvient à remuer un ongle. Leurs regards se croisent. Un temps infini s’écoule. Des oiseaux chantent dehors. Personne ne les entend. La cheminée fume. Soudain. Le géant lâche sa hache, recule, et se met à courir dans la campagne. Il l’entend crier en s’éloignant. Sa voix est terrible. Etonné, il ne parvient à retenir sa mâchoire. La bouche grande ouverte. Devant une porte grande ouverte. Les yeux grands ouverts. Il voit le colosse courir. Il se demande pourquoi. Lentement il referme la bouche et regarde sa montre. Il se masse le cou. Il se retourne. Il n’y a rien de spécial. Il touche son visage. Rien n’a l’air bizarre. Il tâte attentivement. Les angles formés par ses os sont étranges. Il s’inquiète. Se dirige paniqué vers le miroir. Et découvre…

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28 avril 2008

De vulgaires chaussures de sport (Converse, Fila, Adidas, Reebook, Nike) :

Un mendiant CONVERSE avec une femme. Elle lui FILA dix balles. Elle est jolie. HenRI BEAUCoup l’a niquée.

Eva01

 

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27 avril 2008

A steack#03

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  Il se réveille. De l’herbe très verte l’entoure. Il se relève. Des prairies s’étendent à perte de vue. Il se retourne. Il remarque une petite maison pas très loin. Il n’y a pas de fils électrique. De la fumée s’échappe de la cheminée. Il ne fait pas très froid. Il se dirige vers la maisonnette. Il se tient sur le pas de la porte. Il se frotte les mains en réfléchissant. Il se force à ne pas regarder le cadran de sa montre. Il frappe à la porte. Personne ne répond. Il attend. Personne ne répond. Il attend. Personne ne répond. Il sent son cœur faire tap tap dans sa poitrine. Personne ne répond. Machinalement, il regarde sa montre. Personne ne répond. Il se demande quelle heure il est. Personne ne répond. Il pose la main sur la poignée de la porte. Appuie. La porte s’ouvre. Il n’y a personne. A première vue. Son cœur bat à tout rompre. Il n’y a personne. Une petite pièce pour une petite maison. Le feu de la cheminée. Une table assez grande au centre. Elle occupe toute la place. Une porte au fond à droite. Presqu’en face de la cheminée. Il n’y a personne.. dans cette pièce…mais dans l’autre. Il veut parler. Sa gorge est nouée. Il ne pense même plus à regarder sa montre. Ses pieds font beaucoup de bruit. Le plancher grince. Il avale sa salive. Son cœur aussi. Serre les dents. Sur le pas de la porte. Il voit… personne, un grand lit, une commode et une garde robe, un petit bureau. Un miroir y est posé. Retourne sur ses pas. En face de la table. Le feu crépite. Il y avait quelqu’un, il reviendra. Quand ? Il regarde sa montre. La porte d’entrée, du bruit et lu paralysé en face, s’ouvre, qui est-ce ?

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26 avril 2008

Calder, Stabile (La défense)

 

     

   Aujourd’hui une beaubourgerie assez spéciale puisqu’une calderade. Nous ne sommes pas au musée, nous sommes esplanade de la défense, devant l’immense sculpture de Calder. Immense ? On en doute à la voir là, entourée par tous ces immeubles titanesques qui la regardent de haut. Les gens prennent beaucoup de photos…de l’arche juste derrière…Heureusement la sortie E du métro est là pour nous rappeler « Calder-Miro ».

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 Je suis sur les sympathiques bancs en arc de cercle à côté d’un petit poteau noir dont je ne parviens pas à définir l’utilité. Un manège fermé juste à gauche. Le gratte ciel « Cœur défense » au-dessus, un lampadaire dans le champ de vision. Beaucoup de gens passent. Beaucoup de gens en costume qui ont l’air de correctement fonctionner.

Et l’œuvre ?

 Elle est rouge playmobile. Elancée. Haute. Grande mais pas grosse. Elancée. Vive. Prête à bondir. C’est le Carnage de chez Marvel mais assagi. Les individus qui passent à côté sont vraiment petits. Elle n’est pas écrasante, cependant personne n’irait redire sur son ancrage dans le sol, sur sa « stabilité ». Un vaste stabile qui met en confiance. Rien que son rouge d’abord. Un parfum d’enfance, de clown et de cirque, d’amusement mais rien de violent, de sauvage, de non apprivoisé, non plutôt la docilité industrielle du bœuf. Le taureau picassiette est endormi Une couleur nette, Warolhienne, du Warolhe des boîtes de soupe. Une couleur qui n’a aucune envie de communiquer, d’exprimer. Une couleur muette et efficace. Loin du drip’ et du pour’. Une couleur onthologique. Rouge. Rouge. Rouge. Plastique. Pour tous les âges. De la vie de la belle de la douce de la quotidienne. On passe en dessous à côté sans souci, pourquoi aurait-on peur d’un gros bout de plastique ? C’est autre chose en ce qui concerne tous ces immeubles en verre surtout depuis qu’on sait qu’ils ne résistent pas aux avion.

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Et puis l’ancrage. Est-ce que ça rentre dans le sol ? Est-ce que c’est simplement posé ? Difficile de savoir. Il faudrait creuser. En tout cas ça semble tenir. Ca tient et comment ! Tout le poids vers le bas. C’est fin et léger en haut, beaucoup plus lourd vers le sol. Un bon stabile. Rien qu’à le regarder je sens que tout ce qui foutait le camp dans ma vie rentre dans l’ordre, je garde un peu de place pour du désordre heureux, celui des surprises et des mobiles mais mon cœur est rempli de terre. Je sais que mes slips sont bien rangés dans le placard et que s’il pleut ce soir, j’aurai un parapluie.

L’histoire de Calder qui dit à Mondrian après la visite de son atelier que ce qu’il fait c’est bien mais que ça serait encore mieux s’il rendait mobile ses panneaux, me plait beaucoup. Je pense à Mondrian et je me dis qu’il a dû très mal le prendre. Le pauvre Mondrian que Dali lui aussi se plaisait à harceler (voir tableau de notation comparatif de ce dernier). Pourtant quand je regarde ce mobile, je me dis que oui, ce qu’il manque aux damiers et plans de ville mondrianeux c’est ce souffle de vie qui anime les caldérades. Je vous garantie, le stabile a bouger. Non bien sûr je ne l’ai pas vu. Mais il a traversé l’arche. Le mastodonte s’est remué. Il est parti en sautillant. Majestueux, imposant, mais léger, gracile. Elancée. C’est joli et ça vit.

Si on s’exprime mac donnaldement parlant, je dirai qu’au milieu de tous les best of de gratte ciel, il y un happy meal ronaldesque : notre stabile. Ketchupé et propre comme un plateau qu’on vient de laver. Une véritable surprise emballée dans un sac plastique. On y va et on revient avec le sourire.

Quel bruit ça fait un stabile ? C’est silencieux comme une place sans marché un dimanche matin. La discrétion du stabile est légendaire. La moindre remarque, le moindre coup d’œil et voilà il rougit.

Oui mais un stabile ce n’est pas seulement une couleur et un ancrage, c’est une forme ou plutôt des formes. Ici il s’agit d’arc et de courbes. Mais pas seulement. D’abord les arcs : de là où je suis, je n’en vois que deux, il y en a un principale, un autre plus petit qui vient se greffer dessus. C’est un peu comme une tragédie classique. La règle de l’unité de fiction rondement respectée. Une histoire principale. Andromaquement parlant : le petit arc de cercle est un peu l’Oreste de notre stabile. Ca rajoute un côté prestigieux à l’ensemble. N’empêche que la vraie, le squelette de l’œuvre c’est l’autre, le plus grand et le plus large arc de cercle, un peu moins élancé. Il pointe un peu. Tel le sommet d’un œuf. J’observe attentivement le pilier sur la gauche et je remarque la courbure légère en haut. Histoire de s’harmoniser avec la courbe principale. De la douceur de la douceur de la douceur. Tout ce stabile est très verlainien dans le sens où c’est une vrai romance sans paroles. Mais pas seulement. Il y a les arrêtes, les espèces de poutre qui ressortent et la rectitude verticale des colonnes-arches.

 Le stabile : un grand arc sur lequel se greffe deux colonnes à la manière d’arcs de cercles plus modestes et plus élancés et plus haut et plus secondaires. Le stabile : un grand arc strié, coupé, pointu, malin, rusé, diablotin, diabolique. Le stabile : deux colonnes droites dans le sol. Cependant il serait difficile de l’escalader. C’est lisse et difficilement atteignable. Pas d’aspérité expressionniste abstraite. Je serais tenter de dire «  simplicité renversante », mais ce serait un peu facile et surtout un peu le contraire.

Alors un stabile d’accord, mais le mobile, il est où. En regardant courir deux trois enfants autour on peut s’interroger et laisser échapper le genre de vérité générale suivante : le mobile de l’œuvre est l’homme qui passe.

Ah Calder, l’artiste qui cherchait à poser sur des nuages les œuvres les plus folles dans l’espoir de toucher la lune !

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25 avril 2008

A steack #02

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 Il voit une grande porte en bois devant lui. Pendant un certain temps il ne sait plus quoi faire. Comment est-ce possible ? Il se ressaisit. Il se décide à ouvrir la porte. Il tente d’ouvrir la porte. Il croit qu’il ouvre la porte. Il ouvre la porte. Elle résiste. Il s’arrête. Il pousse de toutes ses forces. Il ouvre la porte. Comment est-ce possible ? Il voit un immense trône en or. Sur le trône est assis un homme tout aussi immense et en or. Il porte une armure. Elle doit peser des tonnes. Il est blanc comme un linge. Le chevalier prend la parole. « Le temps presse. Je ne peux pas vous expliquer. Vous devez récupérez l’épée. Vous devez récupérer l’épée. Méfiez vous de la Créature. Elle cherchera à vous en empêcher. » Soudain le sol se met à trembler. Les murs mollissent. Le monde tourne. Il s’écrase sur le sol. Il s’évanouit.

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24 avril 2008

A steack!

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 Il découvre un paysage incroyable. En plein cœur de la jungle s’élève un immense château. Dans le genre moyen-âgeux. Comment est-ce possible ? Il est en Amérique du Sud. Il ne sait pas pourquoi mais à ce moment il a besoin de savoir l’heure. Regarder sa monter le rassure. Il avance. Le pont-levis est baissé. Il l’emprunte et remarque des crânes humains au fond des douves. Il repense aux explorateurs disparus ces dernières années. Il tâte la poche de son révolver. Il est à sa place. Il se force à ne pas regarder sa montre. Il pénètre dans l’enceinte du château. Il fait sombre. Cependant l’obscurité n’est pas totale. Des torches brûlent mystérieusement. Elles sont accrochées au mur. Il semble qu’elles viennent d’être allumées. Comment est-ce possible ? Il avance dans un large couloir. Les murs sont en pierre. Le plafond est haut. Il fait frais et l’air est humide.

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Résidence en ville ? #05

free music

Hell01

 Le cabanon qu’éclairait difficilement sa lampe de poche aux piles neuves était tout en bois. A cause de l’humidité qui la recouvrait, elle luisait et renvoyait en grande partie la lumière électrique. La réfraction l’aveuglait et elle éprouvait quelque difficulté à attraper la poignée de porte. Déjà qu’en règle générale elle n’était pas très adroite, ajoutez à cela une torche dans une main et un rouleau de papier toilette–dont nous avions tu l’existence jusqu’à maintenant pour préserver le lecteur- dans l’autre, vous comprendrez certainement très aisément comment elle fit pour, au moment où elle parvenait enfin à ouvrir la porte et que celle-ci assenait à ses oreilles un grincement qui contrastait fortement avec le silence nocturne, lâcher la lampe et se retrouver l’espace d’un instant plonger dans le plus noir des noirs qu’elle avait jamais vu… ou plutôt le plus noir des noirs qu’elle avait jamais manqué de voir. Le pire et sans doute le plus monstrueux, c’était que cette subite obscurité s’était immédiatement accompagnée d’une, si ce n’est ineffable, en tout cas difficilement communicable tant la répugnance qu’elle suscitait était grande, odeur.

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 Aussitôt, c'est-à-dire après une éternité, elle avait récupéré la lampe, l’avait rallumée et braquée aussitôt devant elle. Ce qu’elle vit, ce n’était pas un ZOMBI. Non, toujours pas de ZOMBIS. Mais c’était presque pire... Sur les toilettes, devant, en dessous, à côté, au dessus, des restes de choses dont il ne valait mieux pas savoir la provenance étaient incrustés un peu partout et faisait l’affront de leurs multiples mais complémentaires puanteurs, aux narines des voyageur de tous bords, qui après de dures journées étaient sans doute pressés de se soulager et, vu l’état du cabanon, on comprenait qu’ils devaient être très pressés. La prochaine fois, elle resterait en ville.

Hell01

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23 avril 2008

Résidence en ville ? #04

Hell01

 Ses pas s’enfonçaient dans l’herbe humide et à chaque écrasement du microcosme local par ses énormes pieds taille 36, un peu d’humidité s’agrippait à ses basquets. Si bien qu’à mi-chemin, au paroxysme de l’égarement contrôlé, son angoisse confortablement installée dans le canapé de son cœur en train d’écouter ce dernier accélérer, elle sentit tout à coup quelque chose de froid lui toucher le pied. Autant le dire tout de suite. Ce n’était pas un ZOMBI ! Seulement un peu d’eau. Elle pressa le pas et arriva juste devant la petite cabane en bois faisant office de toilettes. Une terrible expérience l’attendait, si éprouvante qu’elle essayerait toute sa vie de l’oublier.

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