Le téléphone sonne. Il décroche. « Ramène tes fesses tout de suite ». Il obéit sans rien dire. Minuscule, il attend que le géant sur son fauteuil parle. Il attend. L’autre semble endormi. Il ne sait pas quoi faire. Il continue à attendre. L’autre ronfle carrément. De plus en plus fort. Toute la citadelle tremble. Le sol. Se fend.

Il ne tient plus

debout et

 tombe.

Il se réveille.

 Combien de temps s’est passé ? Autour de lui tout est noir. Il se relève et marche avec les mains devant. Il n’a pas peur mais aimerait bien trouver la sortie rapidement parce qu’au bout d’un moment c’est fatigant. Ses doigts touchent les parois de la caverne. Elles sont humides. Le liquide se propage sur tout son corps. Ce n’est pas de l’eau, c’est curieux. De l’acide, il se fond en lui-même et retourne loin derrière. Juste à côté du centre de l’univers. Une grosse chaudière. Un immense dragon est étendu pas loin et dort, on voit son ventre bouger. Dans la chaudière des flammes rouges. Et peut-être des cris. Il fait plutôt bon vivre ici. Il se frotte les mains. S’approche de la porte de la chaudière l’ouvre et s’y engouffre. Il a froid. Les flammes le réchauffent. Il s’embrase. La lumière le transporte loin, léger parce que toutes les ombres pesantes se sont évanouies. Il ne donne que quelques coups d’ailes pour rejoindre ce minuscule astre sur lequel une toute petite créature tourne en rond. « Mais qui es-tu donc toi qui pourrait te glisser dans le trou d’une épingle ? –Je suis ton évagination ». Elle saisit un petit bout de bois et l’envoie au loin. Il ne peut s’empêcher de s’élancer à sa recherche. « Je te la ramènerai ! – C’est inutile tu n’y parviendras jamais, si tu le fais je ne te reverrai plus .-Tant pis » Et il part. On ne le revit jamais.