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Photos: http://www.jr-art.net/

Voir: http://fr.youtube.com/watch?v=L3IwO7YKZYw

Se glisser sous les draps blancs froids et crier dans le grand courant d’air : Liberté. Se révolter contre l’exploitation. Et finir la tête collée contre le plancher tiède et poussiéreux. Un goût amer dans la bouche. Le réveil. La vie. Entre deux clignements de paupière. Entre deux transports en commun. A les voir s’éloigner et courir, vite vite, après le bus, avant que les portes du métro ne se ferment ou que le train ne s’en aille. Rester seul comme un con avec sa valise sur le quai RER à se faire ravager les oreilles. Glacial, comme cette musique qui s’écoule des écouteurs crépitants de la station. Je voudrais pouvoir tagger des émissions sonores. J’écrirai Gaotian Nike NRJ. Je marcherais dans une grosse bouse et je frotterai la semelle de mes chaussures contre les coupures publicitaires. Avec mes amis, nous nous réunirons pour former un gang, une bande organisée, on retrouvera tous nos exploits en streaming sur dailymouvement et libération et le monde, parleront de nos exploits. On dira aux journalistes qu’on a un message à faire passer. Je le regarderai dans les yeux, je lui chopperai sa sale gueule dans mes mains et lui dirai : va te faire enculer ! Alors il sera surpris de voir que je suis enterré en Algérie. Le doigt du Crs contre l’arrière de mon crâne. Je suis dos au mur. Je n’ai qu’une envie. Lui mordre le genou le lui arracher le tenir dans ma gueule et lui frapper le visage avec. Tout est brumeux, les petits sont partis se coucher. Tu regardes les hélicoptères défiler. Tes yeux brillent. Les reflets des flammes. Pas celle d’une voiture de keuf. Celle de ta jeunesse. En train de se gâcher parce qu’un fils de pute veut faire de ta ville un nouveau Neuilly. Dans ma bouche, ce n’est pas de la salive, mais les futurs crachats que j’offrirai à ton visage. Et si je colle ta figure sur les murs de mon quartier ce ne sera pas pour la nettoyer au karcher, mais bien pour lui pisser dessus. Et grâce à mon odeur collée sur tes joues ridées, je te poursuivrai et un soir dans un parking, comme un barbare, je te chopperai, te trainerai dans une cave et je te couperai les cheveux. Je collerai ta tête bien contre la crasse dans laquelle je me débats et je te ferai répéter jusqu’aux larmes les mots civilisation et identité nationale.