Les deux mains posées sur la table. Le sablier. Il y dépose ses cendres. Ça pue. Un commissariat. Le flic. Le regarde. De haut. Normal. Il est debout. Son cul contre la chaise. Retenu à l’épaule par le compère. Un. Deux. Policiers. En sécurité. Plus d’armes à feu dans une pièce que ce que jusque là dans toute sa vie il avait pu voir. Aucune.

L’interrogent.

C’est ce qu’il dit.

−Je suis innocent.

−On est tous innocents de quelque chose. Hier, un homme a tué soixante deux personnes avec une mitraillette en dégommant les passants dans un supermarché. Le pire c’est qu’il a réussi à s’échapper comme par magie. Sans aucune égratinure. Moi je suis innocent. Normal hier j’étais tranquillement avec ma femme et mes gosses à pêcher dans un coin de paradis. Mais toi, oui toi aussi tu es innocent. Hier j’ai choppé un poisson, un sacré morceau. Je peux dire avec conviction, même avec certitude, si la certitude est humaine que tu n’es pas coupable du meurtre de ce poisson. Je peux même aller plus loin, tu n’y as pas non plus touché quand hier soir, avec mon ami Bee derrière toi, toute ma famille attablée nous nous en sommes régaler. Ma femme avec une sauce comme seule elle sait les faire l’avait cuisiné. Hein Bee ?

−Ouais chef.

−Tu vois, je suis compréhensif, je sais que tous les malheurs du monde ne doivent pas t’être attribué. Cependant je connais une chose dont tu es coupable, la caméra t’as filmé, tu es l’auteur du carnage d’hier.

−Non je suis innoncent. Ce meutre ce n’est pas moi qui l’ai commis c’est vous. Tout ce que vous avez dit est faux, la preuve, hier j’ai mis du poison dans la bouche du poisson avant de l’accrocher à la canne à pêche sur laquelle vous l’avez récupéré. Le poison agira dans moins de dix secondes.

Pendant neuf secondes ils sont hébétés.

−Non….

Les deux flics tombent, il se lève.